paradoxes

de Marcelle Gambus

 

 

 

Enfance, tu me lies à la verte campagne
Et toi, adolescence, à la mer alanguie.
Je ne puis séparer en moi ces paradis:
Les vagues ondulant, la petite montagne.

Quand je vois étalée devant moi la prairie,
Quand je hume les foins, les senteurs de la terre,
Le parfum du varech, par un troublant mystère,
S'interpose aussitôt, ressortant de l'oubli.

Lorsque sur un voilier, j'entends l'accastillage
Joyeux et déchaîné, grelotter à tous vents,
J'ai vision de troupeaux de moutons transhumants
Qui montent lentement envahir les alpages.

Mon coeur est à la fois paysan et marin,
Je me sens condamnée malgré moi à l'errance,
S'il faut l'éternité pour que tout recommence,
Je me contenterai de suivre mon destin...

qui est
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